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 D'un sanglant ennui. | Sulpicia.

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MessageSujet: D'un sanglant ennui. | Sulpicia.   Jeu 20 Mai - 4:53

Caïus avait souvent répété qu'il n'y avait rien de plus beau que le corps disloqué d'un humain en train de se vider de son sang. Contrairement à toute personne normale, Athenodora n'avait pas eut un haut-le-corps, ni même grimacé ou fait quoi que ce soit qui aurait put laisser exprimer son dégoût. Enfin, encore aurait-il fallut qu'elle en ait. Avoir passer les deux derniers millénaires en compagnie de ce cher Caïus l'avait endurcie : une tête tranchée ? Parfait. Du sang partout dans le hall ? Pas de problème. Quelqu'un va le nettoyer. Il y avait toujours quelqu'un pour s'occuper de tout, ici. C'était frappant. Le balais des serviteurs humains - lesquels changeaient régulièrement, en rythme avec les colères de Caïus - rappelait à Athenodora la manière dont les esclaves de jadis accomplissaient leur tâches : avec un empressement démesuré, la peur extrême de faire quelque chose qui déplairait aux maîtres. Les premières années, elle avait été quelque peu intimidée. Puis elle avait comprit. Elle n'avait plus réagit. C'était la même chose quand son cher époux ordonnait des bains de sang. Il fallait rester passif, dans la vie. Combien de gens ici pouvaient affirmer avoir vu Athenodora se fâcher ? Qui pouvait dire l'avoir vu traiter un humain avec une quelconque violence ? C'était sans doute ce que Caïus appréciait chez elle. Doit-on tuer cet homme ? Oui. Ordonner la destruction de ce clan de vampires ? Oui. Tuer tes dames de compagnie ? Oui.

Aujourd'hui était un jour comme tout les autres. Il y aurait sans doute des meurtres, comme toujours. Il ne devait pas être plus que 11h00, et déjà elle était lasse de cette journée. Quand Heidi partirait-elle à la chasse ? Elle avait soif. Ses yeux devaient avoir cette horrible couleur noire, et elle détestait ça. Ça ne lui allait pas au teint, le noir. Elle avait encore plus l'air d'une folle sadique en manque de sang quand elle avait soif. Caïus, lui, n'avait jamais soif, mais il se faisait une joie de faire un vrai petit massacre personnelle dès l'or qu'Heidi revenait avec leur « repas ». Elle le soupçonnait de sortir chasser à toute heure du jour et de la nuit pour assouvir sa soif de sadisme. Elle, bien sûr, personne ne la laissait jamais sortir. Ils avaient tous bien trop peur qu'il lui arrive quelque chose, et elle avait toujours trouvé cela stupide. Elle était plus vieille que tout les membres de la garde, après tout. Elle saurait se défendre. Mais ça, ils n'en tenaient pas compte.

Ainsi, elle errait dans les couloirs du château. Déserts, comme d'habitude. Ils étaient tous dans le hall, avec Aro et tout les autres, à attendre que leur repas arrive. Elle se demandait parfois s'ils leur arrivaient de faire autre chose de leur journée. Sans doute. Ils s'entraînaient au combat entre eux, ou encore allaient chasser ou maintenir l'ordre dans la ville. Elle, elle n'avait rien à faire, sinon discuter avec ses dames de compagnie. Des humaines. De vulgaires humaines qui ne savaient rien de la vie, et qui s'imaginaient avoir une quelconque chance d'être transformées en vampire un jour. Ce qu'elles étaient stupides. Elle aurait put les tuer elle-même, ou encore demander à Caïus, qui se serait fait une joie de lui venir en aide. Mais elle, elle ne tuait pas. Elle leur faisait comprendre, à sa manière bien à elle, qu'elles seraient assassinées au moindre faux pas, si bien qu'elle avait des servantes exemplaires. Une d'elle fêterait bientôt ses un an au service des Volturi : c'était merveilleux.

Il lui fallait quelque chose à faire. Elle pourrait aller s'asseoir dans le hall avec tout les autres, comme une bonne petite femme, mais ça n'aurait rien d'amusant. Elle pensa ensuite à Sulpicia : sa belle-soeur devait être en train de maltraiter une de ses dames de compagnie comme elle en avait l'habitude. Athenodora était certaine qu'elle pourrait l'entendre crier des injures à la pauvre humaine rien qu'en tendant l'oreille. Sulpicia, elle, saurait quoi faire avec tout ce temps-libre. Elle se dirigea donc vers les appartements de la vampire. Et elle cogna à la porte. N'importe qui d'autre l'aurait ouverte au risque de se prendre quelque chose par la tête mais elle, pour avoir déjà fait les frais d'une des colères de Sulpicia, choisit une voie plus prudence.

    « C'est moi ! » annonça-t-elle, ce qui, en soit, n'était pas vraiment le meilleur moyen de se présenter.


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MessageSujet: Re: D'un sanglant ennui. | Sulpicia.   Jeu 20 Mai - 10:51

« Il était une fois, dans un pays doux et vallonné, une princesse au visage si parfait que tous seraient morts pour elle. Elle vivait dans un château dont les tours de pierre se dressaient vers le ciel, chatouillant le derrière proéminent des Dieux. »

Sulpicia se reprit. Non, ça n'allait pas.

« Elle vivait dans un château dont les tours de pierre se dressaient vers le ciel, défiant l'immensité du ciel et chatouillant les nuages. »

C'était bien mieux.

« Elle était en quelque sorte prisonnière ici, parce que ses amis et ses proches avaient peur qu'elle ne sorte, et elle n'avait pas senti la lumière du soleil sur sa peau depuis près de cent ans. Et tandis que les seuls rayons lumineux qu'elle verrait de la journée se frayaient un chemin vers le sol, elle tournoyait, dans sa robe de bal, dans les bras d'un prince vêtu de brocart et d'or. »

Sulpicia sourit. C'était parfait.

« Vois-tu » ajouta-t-elle à l'adresse du cadavre qu'elle tenait dans ses bras, « tu as eu le rôle du prince. C'est bien gentil à moi, parce que tu n'as vraiment rien d'un prince. » Elle avait achevé sa phrase sur un ton affectueux, doux et aimable. Si, elle en était capable.

Il était près de onze heures du matin, et la vieille vampire était en train de tournoyer inlassablement, dans une valse monotone et infinie, enlacée par les bras du cadavre aux yeux vides qu'elle avait fixés on ne sait trop comment autour d'elle.
Dans un coin de la pièce, un gramophone des années 60 égrainait sans relâche la même petite musique, le thème principal du Boléro de Maurice Ravel. Une musique musclée, répétitive, qu'elle aimait entre toutes. Quand le disque arrivait à sa fin, la domestique terrifiée qui se tenait recroquevillée au pied de l'instrument le remettait en marche. Et cela durait depuis plus de trois heures, grâce à la fantastique des vampires de se distraire avec n'importe quoi.
Or donc, Sulpicia valsait. Elle souriait, et se permettait même de rire comme une enfant émerveillée, de temps en temps, arrachant à sa servante un regard fasciné parmi les larmes. Son aspect égocentrique occultait complètement le ridicule de la situation, une femme vêtue d'une robe de bal un peu abîmée serrant un homme en décomposition, tournoyant lentement. Si aux premières lueurs, la scène avait eu du charme, il était heureux en cet instant que le Palazzo soit frais, sans quoi l'odeur du cadavre aurait pu donner la nausée à n'importe quel entrant.

A propos d'entrant. La domestique tourna la tête en entendant la voix d'Athenodora derrière la porte, se rua pour ouvrir. Sulpicia en serait peut-être vexée, mais Caïus était bien pire et sa femme avec. Après tout, avec tous ses caprices et ses changements de comportement, l'aînée des Dames Volturi s'approchait plus d'un enfant que d'une maîtresse en cruauté.

Apercevant sa comparse, Sulpicia se désintéressa un instant de son morne cavalier pour adresser un immense sourire à Athenodora.

« Dora » roucoula-t-elle, « Tu veux danser avec nous ? »

Laissant tomber sans ménagements son jouet, elle parcourut la pièce du regard, cherchant désespérément un autre « prince » pour Athenodora. Ce qu'elle ne trouva pas, les autres faisant le ménage régulièrement. Ce faisant, elle avait dévoilé le triste état de sa robe de bal, marquée sur le devant d'une large tâche sombre de sang et de pourriture mêlée.
Quant à son cavalier, il gisait sur le sol, dans une posture ridicule et triste à la fois.

« Je n'ai pas de cavalier pour toi », commença-t-elle à se lamenter, la déception perçant dans sa voix.
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MessageSujet: Re: D'un sanglant ennui. | Sulpicia.   Ven 21 Mai - 16:07

Sulpicia avait un cadavre en décomposition dans les mains. Elle dansait avec lui, comme s'il s'était agit d'un prince, et non d'un tas de pourritures. Chouette. N'importe qui en aurait sûrement été écœuré, il faut dire que ce n'était pas vraiment le genre de spectacle auquel les gens en général souhaitent assister. Athenodora, elle, avait déjà été témoin de choses bien pire au sujet de sa chère belle-soeur, alors elle s'efforça de ne pas paraître trop choquée. Sulpicia jeta son cavalier à terre comme s'il s'était agit d'un vulgaire déchet et se mit à la recherche d'un autre « ami » pour elle. Elle en vint finalement à la conclusion qu'il n'y avait plus aucun cadavre dans la pièce excepté son prince à elle. Elle avait l'air franchemment triste.

    « Ne t'en fais pas Cissi. » répondit-elle doucement. « Nous avons l'éternité pour danser, nous trouverons d'autres princes demain. »

La domestique dans le coin de la salle eut un hoquet de terreur. Sûrement n'avait-elle pas envie de se retrouver avec d'autres cadavres sur les bras demain. Durant un moment, elle parut vraiment sur le point de faire une crise de nerfs. Si Athenodora et Sulpicia n'avaient pas été toutes deux des vampires, sans doute cette pauvre folle se serait-elle jetée sur elles.
    « Ou une princesse, qui sait. » ajouta-t-elle sur un ton neutre en fixant la domestique, qui se tut aussitôt.

Un rayon de soleil s'infiltra alors par la fenêtre entrouverte, donnant à leur peau cet aspect de diamant. Athenodora passa une main sur sa joue de marbre. Il y avait si longtemps qu'elle n'avait pas put sortir ! On la laissait s'installer au balcon les jours de pluie, sans plus. Et comme il ne pleuvait presque jamais dans le coin, elle ne pouvait sortir que très rarement. Bien sûr, tout le monde trouvait quelque chose à faire de son ennui. Sulpicia, elle, tuait ses domestiques.

Elle avait une idée. Pourquoi ne pas sortir, ne serait-ce qu'une fois ? Avec un peu de chance les autres ne s'en apercevraient même pas. Et puis on accuserait cette vilaine domestique, qui les avait laissées sortir sans rien faire...

    « Tu veux venir jouer dehors avec moi ? » demanda-t-elle à Sulpicia.

Elle se tourna vers la domestique, qui avait arqué un sourcil intrigué. Elle leur jeta un regard désolé, comme si elle avait réellement été obligée d'aller rapporter le tout aux autres. Mmph. Comme si sa parole à elle avait mieux valut que la leur !

    « Bien sûr, si mademoiselle n'y voit pas d'objection. » ajouta-t-elle. « Juste aller nous promener dans les jardins du palais. Ce serait amusant. »
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