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 Annoiati [Marcus]

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MessageSujet: Annoiati [Marcus]   Ven 23 Avr - 19:15


La tour des Volturi se dressait vers le ciel blanc comme un gratte-ciel essaye de chatouiller les nuages. Un ciel blanc ? Ça n'arrivait pas souvent, et perchée à sa fenêtre, Sulpicia Volturi détestait cette luminosité si extrême qu'elle faisait plisser les yeux à tous les humains qui n'avaient pas eu la présence d'esprit de se munir de lunettes de soleil. Elle-même en avait une paire sur le nez, à l'instant même. Une paire énorme, qui mangeait la moitié de son visage et lui donnait l'air d'une grosse mouche. Une grosse mouche extrêmement séduisante, une mouche au teint brillant, mais une grosse mouche quand même. Sulpicia appréciait la confidentialité d'une paire de lunettes suggérait. Pas d'yeux rouges, pas de regard sanguinaire et terrorisant, pas d'yeux froids ni vides comme la mort. Seulement un regard noir, qui vous renvoie votre propre image et votre laideur en pleine face.

Sulpicia s'amusait, à cet instant précis, à lancer les restes d'un miroir brisé sur les passants, histoire de les voir s'affoler, lever les yeux vers le ciel, guetter l'impudent et finalement croire à une punition divine. Parce qu'elle les lançait assez loin pour que l'on ne puisse la soupçonner, elle, blanche parmi les blanches à sa fenêtre.
Le miroir avait été cassé un peu plus tôt, quand ennuyée par l'absence de son cher et tendre et par le babillage de celle qui avait été promue dame de compagnie jusqu'à ce qu'elle ne s'en lasse et ne cherche à s'en nourrir, Sulpicia avait jeté le miroir à la tête de la pauvre fille. Celle-ci avait eu le bon réflexe de l'esquiver, mais sa joue portait encore les traces de sang et une fine cicatrice recroquevillée. La mort l'avait saisie peu après son esquive. L'objet de son admiration s'était jetée sur elle, affamée par l'odeur du sang. Maintenant, un cadavre jonchait le sol de la pièce vide, froide, et Sulpicia s'ennuyait.

En parlant de s'ennuyer … elle se coula lentement dans le couloir, impérieuse et dynastique. Évidemment, ledit couloir était désert. A croire qu'en plein milieu de l'après-midi, un samedi, les Volturi dormaient. A la vérité, puisqu'aucun d'eux n'avait besoin de dormir, ils devaient être éparpillés dans le castel et dans la ville, regorgeant des touristes de tous les pays. Volterra, la ville la plus sûre au monde. Mon œil. Heureusement, il y avait forcément quelqu'un dans cette maison qui s'ennuyait au moins autant qu'elle. Sûrement plus, d'ailleurs.

« Marcus, » roucoula-t-elle en se faufilant dans la pièce tel un serpent qui prépare un mauvais coup. Elle ne préparait rien du tout, mais il fallait bien ça pour tirer son beau-frère de sa légendaire apathie. Elle n'avait pas connu Marcus du temps où il était encore … comment dire … vivant. Pourtant, ils auraient sûrement bien s'entendre à merveille. Elle n'avait pas connu Didyme non plus, ni sa fin tragique ; mais rien n'aurait de toute façon pu la faire dévier de sa dépendance à Aro. Il aurait pu assassiner toute sa famille devant ses yeux, en fait, elle s'en fichait. Même s'il le faisait lentement avec l'aide d'une petite cuillère et qu'il se servait des restes comme décorations de Noël. Et il exerçait cette dépendance sur tout le monde (peut-être pas de façon aussi stupide, remarquez), puisque Marcus était resté.

« Je te dérange ? »

Elle le dérangeait sûrement. Mais à tout prendre, il était dérangé à chaque fois que quelqu'un lui adressait la parole, puisqu'il était à peu près aussi réactif qu'une méduse échouée sur la plage. Sans offense. Elle l'aimait bien, en fait, il écoutait souvent ses bavardages ineptes avec une fausse attention soutenue. Enfin, il s'en fichait, mais elle avait l'impression d'être écoutée, ce qui revenait au fond au même.
Sulpicia se glissa à nouveau vers la fenêtre, attendant une réponse de monsieur son beau-frère. Elle portait toujours ses affreuses lunettes, qui empêchait quiconque de voir ses yeux rougis.

« Tu aime mes lunettes, au fait ? » commença-t-elle. Ca y est, c'était parti. Si Marcus voulait échapper à son éprouvante famille, il aurait du partir avec ses frères. Ou inventer une diversion, là tout de suite.



Dernière édition par Sulpicia Volturi le Mar 27 Avr - 17:25, édité 1 fois
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Marcus Volturi
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MessageSujet: Re: Annoiati [Marcus]   Lun 26 Avr - 23:32

    Aro et Caïus avaient quittés le palais, partis accomplir quelque mission dans un autre pays, et Marcus n’avait pas souhaité les accompagner. Son frère ainé aurait apprécié sa compagnie – pour son don principalement, n’allez pas vous méprendre - mais il n’avait pas cherché à faire changer Marcus d’avis. Ce dernier faisait comme il lui plaisait. Ainsi était-il en cet instant non pas en train de réclamer des dettes – ou plutôt de regarder ses frères réclamer des dettes – à l’autre bout de la planète, mais de contempler le paysage par la fenêtre de sa chambre. Cela devait bien faire des heures qu’il était là, immobile, à fixer tantôt les badauds qui passaient, tantôt les arbres qui frémissaient. Un vampire est facilement distrait par ce qui l’entoure, et Marcus félicitait cette faculté. Il semblerait pourtant qu’après plusieurs millénaires passés à exister et à s’ennuyer, certains sangs-froids aient développé un besoin crucial d’une distraction plus débordante...

    - Marcus… susurra une voix malicieuse qui venait d’entrer dans la pièce.

    L’intéressé ne daigna même pas détourner les yeux de sa fenêtre. Il avait entendu Sulpicia se faufiler jusqu’ici depuis qu’elle était sortie de sa chambre. Dès qu’il avait entendu la poignée de la porte de sa belle-sœur s’abaisser, il avait aussitôt deviné qu’elle se rendrait ici. Il avait suivi son activité d’une oreille distraite depuis qu’il avait saisi le fracas d’un miroir qu’elle avait du briser. A cet instant, il s’était dit qu’elle allait finir par venir. Lorsqu’elle ne trouvait plus rien à faire, il en était toujours ainsi.

    - Je te dérange ? demanda-t-elle en arrivant à sa hauteur.

    Marcus garda les yeux fixés sur une vieille femme qui passait dans la rue, en bas, en trainant une poussette d’enfant à l’intérieur de laquelle il n’y avait en réalité aucun enfant. Volterra était une ville dont la population se faisait de plus en plus vieillissante, et les personnes âgées perdaient parfois un peu les boules.
    Le vampire ne répondit pas à la question. Il était en train de se dire qu’il faudrait faire quelque chose pour ces vieux : ils n’étaient absolument pas comestibles. Enfin si, ils l’étaient, mais pas au goût de Marcus, et l’on devait toujours pousser un peu plus loin dans les villes voisines pour trouver le genre de mets – des enfants, par exemple – qui valaient le détour. Peut-être qu’il pourrait ordonner de ramener une famille (ou deux) d'humains juteux à Volterra ? Avec de jeunes enfants mais aussi des plus vieux en passe de devenir des adultes, prompts ainsi à donner à leur tour des bambins, histoire de donner une nouvelle jeunesse à la ville.

    - Tu aime mes lunettes, au fait ?

    Le monologue de Sulpicia ne pouvait pas s’éterniser plus longtemps, et Marcus appréciait assez l’épouse de son frère. Il se tourna donc vers elle et la fixa. Elle était en effet cachée sous deux gros verres noirs qui lui mangeaient une grande partie du visage – et qui gâchaient bien trop sa beauté, de l'avis de Marcus.

    - Non, répondit-il, de cette sincérité qui l’avait toujours caractérisé.

    Certes, si cette franchise avait été l’une de ses grandes qualités en un temps où il était encore jovial et dragueur, aujourd’hui elle pouvait être plutôt blessante. Mais il connaissait assez Sulpicia pour savoir qu’elle n’en prendrait pas mouche. Quoique, tout était toujours possible avec elle.
    Maintenant qu’elle l’avait tiré de sa morne et désintéressée observation du dehors, Marcus était prêt à lui faire la conversation. Sulpicia venait souvent lui parler et le prendre pour un journal intime à reconnaissance vocale (comme il intervenait peu pour qu’elle se sente libre d’aborder tous les sujets qui lui plaisaient, et assez pour qu’elle se sente encouragée, il faisait effectivement une oreille parfaite pour le genre de femme qu’était Sulpicia), mais il s’avouait lui-même que ces entrevues ne lui déplaisaient pas. Elle était une vampire particulièrement intéressante, voyez-vous.

    - Briser un miroir apporte sept ans de malheurs, Sulpicia, fit-il remarquer d’un ton neutre.

    Son visage était totalement inexpressif, mais qui connaissait bien Marcus aurait deviné qu’il venait d’ironiser. Ce genre de superstitions ne l’avaient jamais atteintes, et il était le premier à ne pas y croire. Sulpicia était bien l’une des seules avec qui Marcus s’autorisait ce type de commentaires, parce qu’il s’attendait à ce qu’elle enchaine vivement et monologue pendant plusieurs minutes. Plusieurs minutes durant lesquelles Marcus n’interviendrait absolument pas, mais qui consisteraient pour lui en un divertissement comme un autre.

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MessageSujet: Re: Annoiati [Marcus]   Mar 27 Avr - 18:32

Ainsi donc, il n'aimait pas ses lunettes. Sulpicia haussa les épaules avec énervement. Après tout, qu'avait-elle à faire de son avis ? Marcus était d'un ennui fou, il n'était pas intéressant, il ne demandait jamais rien et n'en disait pas plus, sauf qu'il n'appréciait pas ses lunettes, et ça, il avait fallu qu'il le lui dise. Super.
Partie dans son monologue intérieur et furieusement sulpicentré, la vampire en avait presque oublié qu'elle avait posé la question qui avait déclenché cette réponse si frustrante et méchante.
Méchante, tu parles. En proie à une demi-seconde de fureur inutile, elle arracha ses lunettes et les lança sur Marcus, qui allait sûrement les rattraper au vol avant même que l'objet ne l'atteigne.

De meilleure humeur, elle se pencha ensuite sur la question du miroir brisé et des sept ans de malheur.

« Quelle drôle d'idée, » répondit-elle avec légèreté. « Je suis déjà morte, qu'est-ce que j'en ai à faire ? »

Les choses étaient drôlement incertaines, de ce côté-là. Les vampires étaient divisés sur cette question, un vampire est-il mort ? Sulpicia considérait, de son côté, qu'elle était bel et bien morte... Aujourd'hui, du moins. Elle aurait probablement changé d'avis en se levant après une fausse sieste le lendemain. Ceci, pour la simple raison que son cœur ne battait plus. Elle l'avait senti s'arrêter de battre. C'avait été plutôt douloureux, d'ailleurs. Enfin passons.
Elle aurait changé avis le lendemain, ou plusieurs jours plus tard, quand son époux aurait passé le seuil à nouveau et qu'elle se serait sentie défaillir d'enthousiasme à l'idée d'être plus ou moins propriétaire légale de l'ensemble. Façon originale de considérer les choses, mais vous l'aurez sûrement remarqué, Sulpicia n'avait rien d'ordinaire. Pour cette raison, et parce qu'elle n'avait pas vraiment conscience de se contredire, elle ajouta prudemment.

« Enfin, je crois. »

Elle se retourna et regarda à son tour par la fenêtre, mais la petite vieille de Marcus avait depuis longtemps disparu. Il allait falloir qu'elle se trouve une nouvelle fille pour lui tenir compagnie, maintenant. Peut-être que la nouvelle serait assez merveilleuse pour qu'elle en fasse une compagne éternelle, mais elle n'avait pas de doutes là-dessus. D'autant plus qu'elle serait hautement incapable de supporter les mois difficiles où les nouveaux-nés n'étaient que des machines à tuer difficiles à contrôler.

« C'était la faute de cette idiote, de toute façon. » trancha-t-elle de son ton impétueux, qui ne souffrait aucune contradiction. « Et maintenant, il va falloir nettoyer la pièce et que je me trouve quelqu'un d'autre pour me tenir compagnie. »

Cette manie d'avoir une humaine rien qu'à elle avait pris Sulpicia quelques années avant. Il avait été très facile de trouver une jolie et fraiche jeune fille, époustouflée par le charisme et la beauté de la vampire, qui accepterait de gâcher ses plus belles années auprès de quelqu'un qui ne vieillit pas, qui mange les autres gens, et qui a un caractère si versatile qu'elle a tué toutes les filles qui ont effectué le job avant. Celle qui était étendue dans l'autre pièce s'appelait Katarina, elle était allemande et parlait l'italien à peu près aussi bien que Sulpicia le javanais, c'est-à-dire pas du tout. Elles communiquaient donc en allemand, en anglais, quand Sulpicia ne râlait pas en latin ou dans une autre langue morte. Rien que d'y penser, ça la fatiguait encore.

« Je m'ennuie » commença-t-elle à geindre à l'adresse de Marcus. «Pourquoi faut-il qu'ils soient tous partis, et qu'il n'y ai rien pour se distraire dans ce palazzo de malheur ? Il y fait froid, il n'y a rien à faire et ça fait peur à la nourriture. »

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